Comment fonctionne le Livret A ?

Le Livret A et le Livret Bleu sont les plus populaires des livrets d’épargne en France. Comment fonctionnent-ils ? Sur quels principes fonctionne le Livret A, autant du côté du titulaire que de l’organisme financier qui le met à sa disposition ?

Le Livret A est le livret d’épargne le plus populaire en France. D’abord limité aux organismes bancaires comme La Banque Postale et la Caisse d’Épargne sous son nom le plus populaire de Livret A, ainsi qu’au Crédit Mutuel sous une forme équivalente appelée Livret Bleu, il est désormais ouvert à tous les organismes bancaires français et disponible dans la quasi-totalité des banques nationales.

Un cochon-tirelire plein d'euros cassé

Contrairement au Livret A, une tirelire ne rapporte pas d'intérêts à son détenteur

La principale raison de la popularité du Livret A vient certainement de sa facilité d’ouverture et de gestion, en faisant une solution d’épargne simple et sécurisée. En effet, toute personne physique peut ouvrir un livret. Particularité peu connue, les personnes morales peuvent aussi ouvrir un Livret A, malgré quelques différences, notamment depuis le 1er janvier 2009 en conséquence de la loi de modernisation de l’économie de 2008, empêchant désormais certains types de sociétés à en ouvrir un (les livrets déjà ouverts restent néanmoins opérationnels). L’ouverture implique des dépôts et des retraits libres, habituellement de 10 € minimum (et même 1,50 € à La Banque Postale). Pour faciliter l’usage du livret par leurs clients, la plupart des banques proposent d’y faire des versements automatiques gratuits depuis un compte courant, afin de constituer une épargne régulière.

Les livrets A et Bleu sont toutefois limités à un unique livret par personne. Qui plus est, leur plafond est limité à 15.300 € pour les personnes physiques. Une fois atteint, ce plafond peut être dépassé, en fin d’année, avec les intérêts versés sur le compte. En revanche, il n’est plus possible de déposer de nouveaux fonds sur le compte lorsque ce montant est atteint ou dépassé. Toutefois, il est possible d’ouvrir plusieurs comptes au sein d’une même famille. Ainsi, un couple avec deux enfants peut ouvrir un compte par membre de la famille, à savoir quatre livrets, limités chacun à 15.300 €, soit un total 61.200 € pour l’ensemble du foyer.

Livret A : un taux compétitif et exempté d’impôt

Le taux de rémunération du livret est réglementé, décidé par la Banque de France jusqu’à quatre fois par an, les 15 janvier, 15 avril, 15 juillet et 15 octobre. En réalité, son taux est appliqué sur la base d’une formule mécanique, sans surprise, habituellement aux 1er février et 1er août de chaque année, lorsque nécessaire. Au 1er août 2011, le taux du Livret A est passé à 2,25 %. Ce taux sera probablement amené à évoluer à partir du 1er février 2012. Enfin, les intérêts sont calculés simplement, par quinzaine (les 1er et 16 de chaque mois sur la base du solde le plus bas du livret au cours de la quinzaine précédente), et ajoutés au solde en fin de chaque année.

Un intérêt essentiel du livret tient dans sa défiscalisation. En effet, les intérêts de celui-ci ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu, pas plus aux prélèvement sociaux, contrairement à d’autres formes d’épargne dont le rendement net est amoindri par la fiscalité. Il en résulte que le Livret A dispose de l’un des rendements les plus intéressants du moment pour une trésorerie facile et rapide d’accès et ce quel que soit le niveau de revenus du titulaire.

Enfin, dans une économie sujette aux crises financières à répétition où les banques sont mises à mal, les titulaires sont rassurés de savoir que les sommes déposées sur les livrets A et Bleu sont garantis par le fonds de garantie des dépôts, servant à couvrir une éventuelle défaillance de leur banque.

Livret A : une épargne finançant le logement social

Mais qu’advient-il réellement de l’argent déposé sur un Livret A ? L’essentiel des sommes déposées sont centralisées par la Caisse des Dépôts et des Consignations. Celle-ci rémunère les organismes collecteurs que sont les banques à un taux fixe, et se sert des sommes collectées pour financer le logement social, en octroyant des prêts aux taux avantageux à divers organismes spécialisés. Toutefois, le coût de la collecte effective étant supérieur aux intérêts perçus, une partie des fonds est placée sur les marchés financiers à des taux plus avantageux aux risques limités afin d’équilibrer les finances de cet organisme.

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